Le postulat sur la définition de l’antisémitisme de l’IHRA est adopté

Le Conseil des États a adopté sans discussion le postulat sur la « définition de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance » (IHRA). Le postulat déposé par le conseiller aux États Paul Rechsteiner charge le Conseil fédéral de produire un rapport sur l’adoption de cette définition. La Fédération suisse des communautés israélites FSCI salue ce vote, qu’elle considère comme une étape importante de la lutte contre l’antisémitisme.

Le Conseil des États a adopté sans discussion le postulat de Paul Rechsteiner « Définition de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance », lequel charge le Conseil fédéral de produire un rapport sur l’opportunité d’utiliser la définition de l’antisémitisme de l’IHRA dans la politique intérieure et extérieure de la Confédération. Ce rapport étudiera les conséquences juridiques que cette définition implique pour la politique intérieure et extérieure de la Suisse. Il expliquera en quoi elle sera utile au travail de sensibilisation, de prévention, de conseil et d’intervention que mènent la Confédération, les cantons et les communes, il en montrera l’utilité pour la collecte de données sur les cas et la recherche et dira la manière dont elle est utilisée ou pourrait être utilisée par les tribunaux. Le Conseil fédéral avait recommandé d’adopter le postulat.

La définition de l’IHRA largement acceptée par l’Europe

La définition de l’antisémitisme de l’IHRA est déjà en usage dans la plupart des États européens et la majorité des organisations juives d’Europe. La FSCI s’y réfère pour le traitement des incidents et leur présentation dans le rapport sur l’antisémitisme. L’IHRA, dont la Suisse est membre, l’avait adoptée en 2016. Après quoi le Parlement européen avait appelé, en 2017, les États membres à l’adopter à leur tour. Sa teneur est la suivante : « L’antisémitisme est une certaine perception des juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. »

Une étape importante de la lutte contre l’antisémitisme

La résolution du conseiller aux États Paul Rechsteiner s’insère dans l’engagement contre l’antisémitisme annoncé en mai 2019 par le comité directeur du PS. Dans sa résolution, le PS avait alors fait de la définition de l’IHRA la référence pour ce qui est du développement de mesures efficaces contre l’antisémitisme et appelé la Confédération et les cantons à l’adopter à leur tour. La FSCI est extrêmement heureuse que l’ensemble du Conseil des États ait accepté ce postulat sans discussion et demandé au Conseil fédéral d’examiner ce projet. La FSCI considère cela comme un grand pas en avant dans la lutte contre les comportements et les violences antisémites mais également comme une avancée dans la voie menant à un travail de prévention ciblé et de grande ampleur.