Histoire de la Fédération suisse des communautés israélites
Depuis sa fondation il y a plus d’un siècle, la FSCI a connu une histoire pour le moins mouvementée. Un grand nombre des questions et des problèmes qui la préoccupent depuis sa fondation sont par ailleurs toujours d’actualité. La FSCI est également devenue une institution sociale et politique reconnue, qui sait se faire entendre.
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L'histoire de la Fédération suisse des communautés israélites FSCI (119KB)
Les premières années
Les premières années de la FSCI sont relativement calmes. Au début des années 30, outre le développement fulgurant de divers groupes antisémites qui se qualifient de « fronts », les juifs suisses sont profondément déstabilisés par l’émergence de propos antisémites au sein de la classe moyenne, de même que par les avances de certains partis politiques de droite envers ces nouveaux groupes antisémites. Refusant de rester passive face aux demandes de « rétrogradation des juifs au rang de citoyens de deuxième catégorie » émanant des groupes antisémites, la FSCI intensifie sa lutte contre l’antisémitisme en créant, fin 1936, sa propre agence de presse (Jüdische Nachrichten, JUNA).
La FSCI se retire ensuite de plus en plus de la vie publique et c’est dans un état de choc, de tension et de consternation qu’elle observe la Shoah et la politique suisse en matière de droit d’asile. Néanmoins, la FSCI et les juifs de Suisse entreprennent beaucoup pour aider les réfugiés dans la limite de leurs moyens. Fin 1942, compte tenu de la défaillance des autorités suisses et du sentiment d’impuissance qu’elle ressent envers les juifs européens, la FSCI prend conscience de la nécessité d’un nouveau départ pour régler des problèmes aussi oppressants.
Tâches après la Deuxième Guerre mondiale
Aussi après la Deuxième Guerre mondiale, la FSCI se doit de rester vigilante et combattre toute forme d'attaque. Parallèlement, elle participe à l’ensemble des efforts culturels et sociaux. Le boom économique des années 50 et sa mentalité de « laisser-faire » favorisent durablement l’acceptation de la FSCI.
Alors que les relations avec l’environnement non juif se normalisent et que la FSCI reprend confiance en elle, sur le plan interne ses membres ressentent un certain malaise. Il est question de « la tradition juive face à une jeunesse de plus en plus indifférente », de « l’augmentation inquiétante du nombre de mariages mixtes », ainsi que du « vieillissement des communautés ». A partir du milieu des années 50, les commissions de la FSCI s’efforcent de maîtriser ces thèmes. La FSCI commence par intensifier ses activités pour la jeunesse tout en lançant plusieurs discussions sur une révision des statuts. Ces discussions se focalisent sur l’article énonçant l’objet de la FSCI et sur la question de l’intégration des communautés libérales au sein de la FSCI.
Evolution récente de la FSCI
Au milieu des années 90, la FSCI se voit confrontée aux tensions montantes entre le Congrès juif mondial (CJM) et les banques suisses qui détiennent encore d’importants fonds sur des comptes en déshérence. Elle adopte alors une position d’intermédiaire entre les banques suisses, les autorités et le CJM. La FSCI s'engage pour que la Suisse revienne sur les ombres de son passé tout en étant traité équitablement. C’est la raison pour laquelle la FSCI salue la création de la Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale (CIE). Les versements des grandes banques suisses, la création en 2001 d’une fondation de solidarité et la publication du rapport final de la CIE achèvent ensuite une première phase d’analyse du passé. L’avenir montrera dans quelle mesure les événements historiques resteront ancrés dans la mémoire publique et politique tout en étant enseignés dans les salles de classe. Les contacts de la FSCI avec les autorités publiques, les institutions religieuses et différents groupements d’intérêts culturels et sociaux se sont progressivement renforcés, lui permettant de faire si nécessaire entendre sa voix.
Les présidents du FSCI
Hermann Guggenheim, Zurich |
1904–1914 |
Jules Dreyfus-Brodsky, Bâle |
1914–1936 |
Saly Mayer, St-Gall |
1936–1943 |
Saly Braunschweig, Zurich |
1943–1946 |
Georges Brunschvig, Berne |
1946–1973 |
Jean Nordmann, Fribourg |
1973–1980 |
Robert Braunschweig, Berne |
1980–1988 |
Michael Kohn, Baden |
1988–1992 |
Rolf Bloch, Berne |
1992–2000 |
Alfred Donath, Genève |
2000–2008 |
Herbert Winter, Zurich |
2008– |

